|
Mal au Pixel, c'est reparti pour un tour d'expérimentations électroniques et impertinentes!
Mais avant ça, au vu du contexte politique funeste qui touche ce secteur de la création contemporaine, les fragiles synergies entre art, recherche et citoyenneté, autant que les associations qui nous sont proches, on ne peut ouvrir ce festival sans se porter d'abord solidaire des appels de la fédération culture-multimédia ainsi que du collectif Sauvons la Culture, rien de moins.
En ce qui concerne la culture Multimédia, jamais on n'avait vu un secteur culturel abandonné si brutalement par la politique gouvernementale, sans aucune considération pour la fragilité particulière de ce creuset artistique nouveau, vivant, créateur de sens et générateur de richesses, où les artistes du territoire commençaient à peine à jouir d'une attention internationale. C'est du gâchis et on ne pourra pas continuer dans davantage de précarité.
***
Le thème de cette troisième édition est issu d’une synergie entre Printemps (Im)médiat!, le cycle de manifestations organisé par l'Institut Finlandais et le festival Mal au Pixel : l'espace public.
L'espace public: est-ce ce qui nous permet de passer d'un lieu privé à un autre ou est-ce le lieu de "l'être ensemble"? Les questions attachées à cette notion se posent tous les jours, mais on sent bien que la définition nous échappe. Avec à une extrémité les règlements liés aux usages de la voie publique et de l'autre Jürgen Habermas qui a élargi l'espace public à l'espace politique commun, celui de l'échange des idées, ce concept sans définition semble devoir être en permanence réévalué, renégocié.
Dans la mutation permanente des villes et l'essor toujours plus rapide de nouvelles technologies, les aspects philosophiques, politiques ou culturels des nouveaux espaces publics évoluent sans plus de concertation, alors même qu'ils définissent les relations aux autres, la liberté d’expression et de circulation…
Avec ce festival, on n'aura pas réponse à toutes ces questions, qui semblent d'avantage devoir être continuellement être rapportées à des exemples, des cas concrets. Voir les riches échanges menés à la Sorbonne ces dernières semaines, dans le cadre du cycle art-espace public . De la même manière, Mal au Pixel propose de voir comment des artistes, des chercheurs, des activistes nous soulagent de cette inflation technologique, surtout quand elle tend parfois aux réflexes sécuritaires (des RFID aux ultrasons antijeunes) ou à des stratégies (marketing) de tous bords.
Pourtant que d'horizons enthousiasmants dans le partage des savoirs, la communication horizontale, la vie sans fil! Les médias portatifs ajoutent de nouvelles strates d'information à la réalité tangible. Ils modifient nos façons de nous déplacer, de partager l'information et nous ouvrent au temps réel. Christian Nold et Active Ingredient s'approprient le GPS et les capteurs sensoriels pour nous représenter la ville autrement, à la limite du sensible.
On voudrait continuer de réclamer le droit à l'anonymat dans la rue, quand l'espace virtuel est de plus en plus habité par des identités transparentes. A l'heure des mobile tags, la rue peut-elle être encore le défouloir de nos mécontentements? Optokopter propose une solution 2 en 1 pour nos pulsions dégradantes. Et à défaut des murs, a-t-on le droit de tagger sur un nuage, comme le collectif HeHe? Et les mouvements sociaux, naissent-ils dans les théâtres ou devant la télé? Si c'est avec Conservas, le théâtre sera aussi animé qu'un meeting et la prochaine révolution sera colorée!
Mais la rue, c'est aussi là que s'attrapent les maladies. Heureusement le collectif Kit Collaboration propose un cimetière pour tous les virus qui ont été éradiqués de l'Internet. Et si Sasser ou d'autres vous hantent quand même, c'est qu'il vous faut consulter d'urgence le Dr Hans Bernhard, la santé du monde en dépend!
Bien d'autres participants rafraichiront autrement nos conceptions critiques de l'espace public mais, même si l'heure est grave, on est là pour s'en amuser. Soyez certains qu'à la fin on nettoiera tout, lors de la performance du Collectif Ornic'art, Place nette. Savonnée la rue, plus de traces!
Alors venez nous retrouver, autour d'une limonade, en ce printemps où la contestation devient créative et où, à l'instar du Choeur des lamentations, aux plaintes nous préférons l'humour.
|
|
|
This Category is currently empty |
|
|
|










